Chloé, responsable RSE dans l'événementiel sportif

Chloé est avant tout une grande sportive ! En 2021, avec l’association 0 mégot et l’initiative Swim for Change, elle a descendu la Seine à la nage (soit 380km 👏) pour retracer le trajet d’un mégot entre un trottoir parisien et l’embouchure de l’océan et ainsi sensibiliser au devenir de ce déchet très polluant !

En parallèle de ses exploits sportifs, Chloé a développé au fil des années et des expériences une conscience profondément écolo et féministe. Elle décide alors de s’engager dans la transition écologique en tant que responsable RSE et de l’allier à sa passion, le sport.

Cette interview a été réalisée par Audren Letellier, membre du Club des Pépites, merci à elle ✨

Salut Chloé, est-ce que tu peux nous présenter ton métier et ton entreprise !

Depuis août 2022, je suis responsable RSE ou “Regenerative manager” au sein du groupe UTMB (Ultra-Trail Mont-Blanc). Au sein de la branche à Annecy composée d’une dizaine de personnes, ma première mission consiste à formaliser et concrétiser la stratégie RSE à implémenter au niveau du groupe.

Poste créé avec mon arrivée, je dois partir de zéro. Je réfléchis ainsi à la manière de concevoir les 35 événements du circuit gérés par UTMB de manière plus responsable, de sorte à y intégrer notamment des projets à impact d’un point de vue social et environnemental.

Pourquoi as-tu décidé de t’engager dans la transition écologique ? Quel a été le déclic ?

Je vis un déclic lors de ma participation aux Championnats du monde d’Ironman 70.3 en Afrique du Sud en 2018. Afin d’éviter de faire un aller-retour en avion pour un événement de deux jours, j’ai décidé de travailler dans un premier temps dans un écovillage pendant trois mois pour amortir le bilan carbone de mon trajet en avion.

J’ai alors vécu l’événement sportif qui a suivi comme un réel choc et décalage par rapport à mon expérience au sein de l’écovillage. Démesure environnementale pour seulement deux jours de course, j’ai décidé de m’engager pour renforcer la conscience écologique et sociale du monde sportif.

Quels sont les enjeux principaux de ton secteur ?

Selon Pierre Galio (Ademe) via le média L’Usine Nouvelle, 80% de l’impact environnemental des événements sportifs internationaux proviennent du transport des athlètes et spectateurs.

Face à cette évidence, comment pense-t-on le sport de demain ? Celui d’aujourd’hui n’est certainement pas cohérent avec la préservation du futur.

Tu utilises quelles compétences pour contribuer au développement positif de ta structure ?

Savoir communiquer en interne : le métier de responsable RSE nécessite de pouvoir travailler avec toutes les équipes au sein d’une organisation, de sorte à ne pas rester cloisonné·e, mais bien diffuser la stratégie d’impact au sein de la totalité de la structure.

Faire preuve de résilience : afin de porter ce projet, il est nécessaire de disposer d’une force interne et d’être convaincu·e de la cause défendue ! Tous les jours ne sont pas faciles, la RSE fait souvent face à des réalités budgétaires et figure rarement au sein des priorités de la direction.

Avoir de l’empathie : c’est essentiel pour accompagner l’organisation et ses membres dans une transformation environnementale et sociale.

Dis-nous ton challenge professionnel pour cette année !

Pour cette année, mon challenge consiste à trouver des sources de financement pour les actions que j’aimerais mettre en place. Idéalement, je souhaiterais implémenter tout un tas de projets, mais je fais face à une réalité financière freinant mon activité. Je suis donc en train de créer un fond de dotation, c’est-à-dire un outil de financement qui fonctionne grâce à la capitalisation des dons qu’il reçoit.

Comment as-tu trouvé ton travail ?

L’offre d’emploi était partagée sur LinkedIn. Dans un premier temps, je ne pensais pas répondre aux critères requis pour ce poste, comme le fameux “10 ans d’expérience”. En revanche, je possède les 3 atouts principaux demandés : un profil international, une passion pour le sport et un engagement environnemental et social marqué. Je me suis donc lancée et j’ai fini par décrocher mon job de rêve à l’issue de ce long processus de recrutement !

Je suis aujourd’hui fière de cette décision de changer complètement de vie pour me dédier à 100% à la RSE.

Le meilleur conseil qu’on ne t’ait jamais donné ?

Dans le cadre de mon travail, j’utilise un super conseil qu’on m’a donné : « il faut adapter son langage et son vocabulaire aux différents publics« . En tant que responsable RSE, les objectifs RSE ne parlent pas toujours à la direction. Mais avoir deux objectifs en parallèle, de sorte à traduire le langage RSE auprès de la direction, change la donne. Par exemple, pour pousser auprès de ma direction l’objectif d’inclusivité féminine, je parle plutôt d’une nouvelle cible commerciale à viser afin d’augmenter le nombre de participant·es au circuit organisé.

Une ressource à nous partager ?

Bigger than us (Flore Vasseur, 2021). C’est un film qui m’a redonné espoir en suivant le parcours d’une poignée de jeunes engagé·es dans divers projets environnementaux ou sociaux. Ce film m’a donné envie de continuer de m’engager à échelle individuelle – il y a tellement de sujets, chacun son combat ! C’est notamment cette envie de me sentir moins seule qui m’a donné envie de rejoindre Le Club des Pépites, pour m’entourer, me motiver et avoir un espace d’entraide.

Envie de poser d’autres questions à Chloé sur son métier ? Écrivez-lui ici !

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